Terres isolées
     

Terres isolées

Longue marche sur chemin blanc, diffuse son odeur de bois mouillé sur la lande aux herbes folles. La forêt demande le silence, le vent d’hiver ne veut rien entendre
et mère nature entre en scène pour s’alanguir sur un lit d’humus aqueux. L’euphorie de l’oiseau ne peut se soustraire à la mélancolie de l’arbre en détresse,
les bras tendus vers le ciel. Le Quercy Blanc s’engourdit sous une couverture de plomb, la lumière s’absente sans rien dire, l’endroit n’a jamais refusé l’asile,
il ne reste plus qu’à marquer une pose. L’altitude est dérisoire, l’oxygène ne manque pas, seul l’autan vient lécher les abattis du moulin, c’est le repos de l’altimètre.
Le pèlerin passe son chemin, la coquille ballote contre le sac à dos sans perturber le tempo du bâton de châtaignier. Saint-Jacques-de-Compostelle est encore loin.